Accueil/Actualités/Pourquoi la blockchain intéresse autant l'Afrique
Pourquoi la blockchain intéresse autant l'Afrique

(Cliquez sur l'image pour zoomer)

Actualités Web3

Pourquoi la blockchain intéresse autant l'Afrique

Transferts de fonds

10/5/2026

SAIDOU SOW

10 Vues

Partager cet article :

L'argent que la diaspora envoie chez elle fait vivre des millions de foyers africains. Il paie des frais de scolarité, des ordonnances, des loyers. Dans plusieurs pays, ces envois pèsent plus lourd que l'aide internationale. Et pourtant, une partie de cette somme ne parvient jamais aux familles : elle part en commissions, avant même que le bénéficiaire ne touche un centime.

C'est ce paradoxe que le Sommet de l'Afrique Francophone sur la Blockchain a décidé de mettre sur la table pour son édition 2026, prévue à Abidjan le 7 octobre.

Des frais parmi les plus élevés du monde

Envoyer de l'argent vers l'Afrique subsaharienne coûte plus cher que vers presque toutes les autres régions. Les Nations unies visent un plafond de 3 % de frais. Sur le terrain, beaucoup de corridors africains dépassent les 7 %, parfois bien davantage quand le trajet est compliqué ou peu desservi.

Rapporté à une transaction, cela paraît modeste. Rapporté à l'ensemble des envois reçus chaque année sur le continent, on parle de plusieurs milliards qui finissent chez les intermédiaires plutôt que dans l'économie locale.

Les raisons de ce coût sont connues. Il y a d'abord la longueur de la chaîne : entre celui qui envoie et celui qui reçoit s'intercalent plusieurs acteurs, et chacun prélève sa part. Il y a ensuite la fragmentation du continent, avec ses nombreuses monnaies et ses systèmes bancaires qui communiquent mal entre eux, un problème particulièrement sensible en Afrique francophone. Il y a enfin le manque de concurrence sur certains trajets, où une poignée d'opérateurs fixe les prix sans véritable pression.

Ce que la technologie apporte

La blockchain séduit parce qu'elle permet de transférer de la valeur directement d'une personne à une autre, sans multiplier les intermédiaires, avec un règlement rapide et vérifiable. Les stablecoins, ces cryptomonnaies dont la valeur est alignée sur une devise stable comme le dollar ou l'euro, en sont l'exemple le plus concret. Ils évitent la volatilité qu'on reproche souvent au Bitcoin et rendent possible un envoi de quelques centaines d'euros en quelques secondes, pour une fraction du coût habituel.

Mais réduire l'innovation africaine à la seule cryptomonnaie serait une erreur. Ce qui marche vraiment ici, c'est la combinaison entre la blockchain et le mobile money, déjà adopté par une large part de la population. Les solutions qui comptent sont celles qui relient les deux mondes : recevoir des fonds en blockchain, puis les retirer en monnaie locale sur un compte mobile, sans friction. C'est à cet endroit précis que se décide l'adoption réelle, loin des débats théoriques.

Le vrai obstacle est réglementaire

Si la technologie est prête, pourquoi le changement tarde-t-il ? Parce que le blocage se situe surtout du côté des règles. Chaque pays d'Afrique francophone avance à son propre rythme. Certains ont commencé à encadrer le secteur, d'autres préfèrent observer, d'autres encore restent dans le flou. Cette incertitude décourage les investisseurs, complique la vie des startups et freine les transferts d'un pays à l'autre, alors même que l'intégration régionale devrait les rendre plus simples.

Pour que les choses bougent, trois conditions doivent être réunies en même temps : une technologie mature, un cadre réglementaire clair qui protège les utilisateurs, et des startups capables de construire les ponts entre les systèmes. Aucune ne suffit seule, et c'est bien là toute la difficulté.

Un sommet qui tombe à pic

En plaçant les transferts de fonds au centre de son édition 2026, le FAB Sommet ne choisit pas un sujet à la mode mais l'un des leviers les plus concrets d'inclusion économique du continent. Pendant deux jours à Abidjan, décideurs, régulateurs, fondateurs et investisseurs vont confronter leurs visions autour de thèmes très opérationnels : le développement économique, les infrastructures de paiement, la conformité, l'inclusion financière et les opportunités de marché pour les jeunes entreprises.

Chez Blockchain Olam, nous pensons que l'avenir du Web3 africain ne se jouera pas dans la spéculation, mais dans ces usages qui améliorent concrètement le quotidien. Les transferts de fonds en sont sans doute le meilleur exemple, et c'est à Abidjan que la discussion aura lieu le 7 octobre. Nous y serons pour en rendre compte.

Suivez notre couverture du FAB Sommet 2026 sur X, LinkedIn et WhatsApp.

Écrit par
SAIDOU SOW

Contributeur Blockchain Olam.

Rejoignez ses communautés :

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter.

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !